Brick banane chocolat, un voile contre la faim ?

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par Rouge

Elle alla crier famine… dans sa cuisine…et se nourrir de voiles consistants.
avec un peu d'imagination, il ressemblerait presque au lapin d'Alice, qui court toujours...

avec un peu d’imagination, il ressemblerait presque au lapin d’Alice, qui court toujours…

Levons le voile sur une réalité que la société de consommation a tendance a masquer : une femme, ça mange. Et ça a faim, ces petites bêtes (même celles qui ne sont pas petites). Ça ne se nourrit pas qu’aux légères salades frivoles version trois rondelles de tomates et deux brocolis cuits vapeur, avec de jolies couleurs pour rassasier le regard. Ce genre de repas est bon pour les petites natures, celles qui se tournent les pouces au bureau et ont le temps de penser au dernier épisode de Desperate Housewives, de calculer leur nombre de calories journalier et de suivre leur séance de sport tous les deux jours pour entretenir leur corps de rêve. Et ça ne pense pas non plus au sexe à chaque fois que ça avale un sandwich à pleines dents, comme pourraient nous faire croire une pub Sisley à nous faire avaler des couleuvres de travers, ou déglutir le lait des vaches. Autant dire que je ne fais pas partie de cette classe de privilégiées au corps parfaitement parfait.

Malmenant un peu mon organisme, par mon expérience personnelle, il me semblerait bien qu’il y a des moments ou une femme saine d’esprit (et à peu près de corps) a un besoin physiologique de lourd. Ce moment, pour moi, c’est le mercredi soir. Date de « deadline » de Rouge Revolver (et j’y tiens) où je suis forcément terriblement en retard après une journée à courir après le bon train comme une hystérique, le tout avec des talons hauts de 8 cm… Mais ça, c’est une autre histoire.

Dévoilons donc ce fait remarquable : le soir, lorsque je rentre : j’ai faim. Je mangerais bien un délicieux morceau de tarte au citron meringuée, ou des profiteroles. Mais voilà. Pas le temps. Pas fait les courses. Et le café et ses détestables ersatzs achetés pour éviter l’excès de caféine dans mon organisme (mais ô combien écœurants avec leur goût de chicorée ou autres céréales…) n’arrivent pas à me retourner l’estomac pour cesser ma faim.

Mais il me reste une banane, un petit suisse, du chocolat (l’essentiel, même bas de gamme) et des feuilles de brick. Alors je me lance dans une improvisation-expérimentation faite de voiles à croquer. Levons donc les voiles de la créativité culinaires.

1. Après une journée de dur labeur (certes passionnant), je ne résiste pas à la purgation des passions par mise en bouillie de la banane à la fourchette, en pensant avec haine aux trains en retards et autres désagréments plus ou moins blessants. Une fois que j’en ai fait de la bouillie (de la banane et de mes frustrations quotidiennes), je rajoute mon petit suisse (et un peu de sucre, élémentaire). J’obtiens une bouillie informe et très laide de… banane au petit suisse (si vous avez bien suivi)

 2. Je mets cette bouillie à la petit cuillère sur de jolies feuilles de brick pliées et rajoute un carreau de chocolat (la feuille de brick voile la banane qui voile le cœur de chocolat : si ça, ce n’est pas un dessert voilé!) Puis, je m’exerce à un art qu’il m’eût fallu davantage suivre étant plus jeune : la géométrie de l’espace avec la formation de petits triangles de brick par pliages successifs. Comme le dirait mon cher professeur de Technologie du collège (le même qui nous indiquait que toucher une prise de courant nous  » mettrait le cœur dans le slip « ), mon montage n’est pas très catholique (et j’en demande pardon à toutes les divinités terrestres). Pas de triangle isocèle, plutôt des triangles rectangles…

3. Cuisson au four chaleur maxi en 5 min jusqu’à ce que la brick soit croustillante et dégustation immédiate avant d’attaquer la rédaction d’un texte qui va évidemment changer la face de l’histoire (ne nous voilons pas la glace…) en dévoilant au monde le voile de la toile…

Problème existentiel : j’ai encore FAIM…

du café, de quoi manger, et un ordinateur pour tapoter...

du café, de quoi manger, et un ordinateur pour tapoter…