Greg, l’homme qui dit oui

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Par Revolver

 Ingénieur dans une grande entreprise, Greg sait ce qu’il veut. Il est perfectionniste, ambitieux et déterminé, et pas que dans son travail. Ce grand brun bien fait de sa personne a décidé : il dira oui à la femme de sa vie en août 2014 devant monsieur le Maire et à l’église. Vous croyiez que demande en mariage à genoux, préparatifs millimétrés et engagement pour la vie étaient l’apanage des femmes ? Confidences plutôt rares d’un homme sur le mariage.

Greg l'homme qui dit oui

« Je me suis toujours dit : ‘Un jour je me marierai et j’aurai des enfants. Mais pas avec n’importe qui.’ »

Quand on l’interroge sur le moment où a surgi l’idée de se marier, Greg évoque plus qu’un désir, une conviction ancrée depuis longtemps en lui. Bien avant de rencontrer celle avec qui il a décidé de s’engager, il s’est posé de nombreuses questions liées au couple et au mariage en particulier. « Avec quel type de personne, est-ce que j’ai envie de passer le reste de ma vie ? » Les rencontres et les expériences lui ont permis d’affiner sa réponse. Il souhaitait trouver une personne avec qui il puisse « partager » et « évoluer ». Le mot partage revient souvent au cours de l’échange : avoir des valeurs, des idées et un mode de vie commun était la condition sine qua non pour se lancer dans cette aventure.

Voilà trois ans et demi qu’il a rencontré celle qui est aujourd’hui sa fiancée. La perspective du mariage ne s’est pas imposée immédiatement. La première année de leur relation, riche en joies, en peines, en bonheurs, ponctuée de vacances et de week-ends en amoureux, a été pour Greg un temps de « découverte de l’autre ». Son amie traverse alors une épreuve personnelle, il la soutient en étant présent à ses côtés. Il se rend déjà compte que leurs façons de penser et de vivre se rejoignent. La deuxième année est l’occasion pour lui d’un questionnement personnel : « Va-t-on dans la même direction ? ». Par comparaison à ce qu’il a pu vivre avec d’autres, une évidence surgit : c’est « la femme de [s]a vie ». Commence alors une réflexion fort complexe : comment la demander en mariage ?  

« Devant mon hésitation, la bijoutière m’a dit : ‘Faites-vous confiance !’ »

Greg se rappelle clairement s’être posé la question du « scénario » de la demande en mariage en octobre. Ce n’est que cinq mois plus tard qu’il s’agenouillera sur une plage en hiver pour demander officiellement la main de sa compagne. Entre temps il aura fallu arrêter son choix sur une bague de fiançailles. « Je n’avais pas envie de me tromper ! J’avais fait une sélection mais j’hésitais encore. J’ai eu un déclic quand la bijoutière m’a fait remarquer que je connaissais quand même ma future femme, elle a alors ajouté : ‘Faites-vous confiance !’ Je me suis lancé ! » Échafauder tout un plan pour cette demande n’a pas été facile car, vivant sous le même toit, il a fallu tout organiser « en cachette ». Une fois l’indispensable accessoire de la demande choisi, il restait à décider d’un décor… Quoi de mieux qu’un lieu déjà familier et qui avait marqué leur histoire ? Ce sera la plage de Deauville !

C’est avec un sourire amusé que Greg raconte l’après-midi de février où il prétexte une course au centre commercial pour faire sortir sa compagne par un temps glacial. « Elle me demandait s’il ne valait pas mieux qu’elle mette un legging sous son jean. Je lui répondais oui. Qu’elle mette son bonnet. Je lui répondais oui. Ses gants peut-être aussi. Je lui répondis oui. Il faut dire que le parking du centre commercial est en extérieur ! » Elle s’installe dans la voiture sans se douter de rien. « Quand je dépasse la première sortie du centre commercial, elle se contente de me le signaler. Quand je rate la seconde, elle s’énerve. ‘ Mais ma chérie, on ne va pas au centre commercial’. Et là, elle comprend qu’il se passe quelque chose ! »

Arrivés à Deauville, il y a trop de monde sur les Planches. Qu’à cela ne tienne, la future fiancée qui s’ignore doit traverser la plage en bottines. C’est là, qu’à genoux, seuls au milieu de la plage, il la demande en mariage. Comme rien n’est laissé au hasard, Greg a prévu qu’ils puissent discuter de tout cela dans un salon de thé qu’ils connaissaient déjà puis dans un restaurant où il a pris soin de réserver une table pour deux. Pragmatique, il déclare : « Cela n’était pas tout de faire sa demande : j’ai dû également réfléchir à l’après-demande. » Encore plus prévoyant, il avait même vérifié la météo pour éviter de rester bloqué en Normandie sous la neige ! Les routes du Nord ouest resteraient en effet impraticables pendant plusieurs jours dès le lendemain.

« Le mariage, c’est sérieux. »

Bien qu’il y ait longuement réfléchi, Greg reconnaît que « définir le mariage, ce n’est pas évident. C’est d’abord un engagement avec l’autre. On décide officiellement d’avancer ensemble. ». Il aborde aussitôt la distinction entre mariage civil et religieux. Pour lui, le mariage civil seul n’a pas de sens car il existe bien d’autres moyens tels que le PACS, ou même un contrat chez le notaire, pour s’unir administrativement. « Ce n’est qu’une signature de papiers, quelque chose qu’on peut facilement rompre. Sans le mariage religieux, « il manquerait quelque chose, ce ne serait pas un mariage tel que je l’imagine. Le mariage, c’est sérieux ! »

Il se réfère aux piliers du mariage chrétiens (liberté, fidélité, indissolubilité et fécondité) comme des valeurs auxquelles il est attaché. Il reconnaît ne pas être un catholique pratiquant et ne pas vraiment savoir s’il est croyant mais insiste sur le fait que « l’Église donne des valeurs », il s’agit d’ « être respectueux vis-à-vis de l’autre ». Pour souligner encore la différence entre civil et religieux, il remarque qu’il n’existe, à sa connaissance, aucune préparation au mariage civil comme il en existe une (obligatoire) pour le mariage religieux.

Son mariage, il le voit également comme le moyen de « rassembler les familles pour un événement heureux malgré les querelles, les divorces ». Il espère même que ce sera l’occasion de « réconciliation ». En tous cas, ce sera à coup sûr un temps pour « faire la fête et marquer un changement de vie. » Il ajoute que sa fiancée partage la vision solennelle du mariage : « pour nous, c’est officialiser aux yeux de tous notre engagement ».

« Je l’ai voulu ce mariage, je le prépare, c’est logique. »

« J’entendais dire que les hommes ne se préoccupaient pas des préparatifs. Moi, j’ai envie de me marier, j’ai aussi envie de m’investir dans la préparation du mariage. » Greg fait l’inventaire des tâches réparties entre lui et sa fiancée, par affinités – elle s’occupe du photographe et lui du DJ – et conclut que le maître mot serait « complémentarité ». Ils se consultent l’un l’autre, prennent les décisions ensemble tout en mettant leurs talents personnels au service de leurs projets communs. La lettre qu’ils ont envoyée à leurs témoins respectifs est une idée de Greg mais c’est elle qui a mis « sa touche plus féminine avec le côté graphique » à travers une mise en page soignée qu’il montre non sans fierté sur son smartphone. Il découvre Pinterest pour conserver des visuels qui l’inspirent par exemple pour la décoration (« qui peut attendre, ce n’est pas urgent à un an du jour J ») et il fait référence à des blogs, parfois décalés comme celui de La mariée en colère. Sens de l’organisation chevillé au corps, il indique que « à un an du mariage, tous les postes de préparatifs sont définis : salle, traiteur, photographe … ».

S’il y a une différence entre Greg et sa fiancée, c’est davantage dans la perception des choses : par exemple, leurs attentes vis-à-vis de leurs témoins. Greg veut qu’ils soient « des amis sur qui compter et avec qui parler en toute franchise  tandis qu’elle aura sans doute besoin d’un côté plus sentimental, besoin d’être rassurée, calmée avant la cérémonie, ça, je ne pense pas forcément en avoir besoin ». Qu’on se le dise, ce n’est pas parce qu’on fait une demande de mariage digne d’une belle comédie romantique qu’on ne reste pas maître de ses émotions le jour de son mariage !

« Ce que va changer le mariage ? Pas mes impôts en tous cas ! »

Si fiscalement, Greg estime que rien ne changera, il voit dans le statut d’homme marié un argument de poids pour faciliter son organisation quotidienne tant personnelle que professionnelle. Et bien sûr, il y aura les enfants. Il est clair que la tâche ne sera pas simple pour le couple « il faudra être mari et femme, amants et parents ». Il se projette « quand les enfants partiront » : « il faudra avoir des choses à se dire, à partager. » C’est un vrai défi. Il y en aura d’autres, prévoit-il. Le principal écueil repéré : « la routine qui peut toucher tous les couples, pas uniquement les mariés ». Il faudra « savoir se surprendre mais ça, j’ai confiance : les femmes sont plus fortes que nous pour surprendre… mais ce n’est pas pour autant que le hommes ne doivent pas faire des efforts ! »