Les vieilles peaux et les autres

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par Revolver

Comment faire du neuf et de l’utile avec de vieilles peaux sans passer par la crème anti-rides ou la case poubelle !

L’année dernière, j’écrivis un (mémorable) article dans un journal municipal sur le recyclage en général et le compostage en particulier. Ma conclusion était que les vieilles peaux trouvent toujours un second rôle. Savez-vous que vos pelures de pomme-de-terre et de pommes tout court, mêlées les unes aux autres peuvent produire un excellent engrais pour vos géraniums tout en réduisant vos déchets ? Comment ? Peu vous chaut ? Ah, je me disais bien aussi qu’un sujet aussi pointu… Rassurez-vous, aujourd’hui, il y en aura pour tous les goûts : les peaux mâtures, les toutes fraîches, celles que l’on croque, celles que l’on brûle… Qu’a-t-on donc coutume de faire avec la peau de nos aliments ?

Que faire d'une vieille peau ?

Que faire d’une vieille peau ?

 La peau utile

La peau des aliments les protège, c’est son rôle. Pourtant, même lorsqu’elle n’est pas destinée à être consommée, elle peut remplir une autre fonction, celle de récipient. Prenons le cas de l’avocat, du pamplemousse ou encore du kiwi. On les sert la plupart du temps, coupés en deux, pour qu’ils soient évidés par le dégustateur jusqu’à ce que celui-ci ne laisse que la peau. Le citron s’en sort moins bien : on le presse et on râpe son zeste, pour de succulentes tartes au citron par exemple. Il n’a aucune chance de sauver sa peau.

On va vous faire la peau !

On va vous faire la peau !

La peau selon les goûts

La peau de nos aliments est parfois comestible. C’est le cas des pommes-de-terre grenailles ou des pommes-de-terre nouvelles. La recette que je préfère est aussi simple que délicieuse. Vous faire bouillir 1kg de pommes-de-terre lavées dans une grande casserole d’eau salée. Une fois cuites et essorées, vous les faites revenir dans une poêle avec de l’huile d’olive, vous parsemez de gros sel (qui va fondre), d’herbes (romarin et/ou thym). Jamie Oliver dans son livre Toqué de cuisine privilégie la cuisson au four (25 minutes à 220°), mais, sorry, Jamie, elles sont meilleures rissolées.

 La peau de banane, le cas particulier

 Mon grand-père qui a découvert l’Afrique à 20 ans aimait à nous raconter des anecdotes et en particulier l’une d’entre elles, une histoire de banane. Un Européen vient de déguster pour la première fois de sa vie une banane. Un autre l’interroge pour connaître ses impressions. Il répond qu’il a beaucoup aimé tout en nuançant : « Dommage que ce fruit ait un si gros noyau ! » Si la légende veut donc que des profanes aient gobé des peaux de banane, aujourd’hui, ce que l’on redoute le plus (outre les traitements chimiques toxiques déversés sur les bananeraies), c’est de glisser sur une peau de banane. Un créateur de souliers un peu loufoques, Kobi Levi, a résolu le problème avec cette paire de chaussures surprenante :

 

Ne glissez plus, chaussez les peaux de bananes !

Ne glissez plus, chaussez les peaux de bananes !

La peau de clémentine mieux que la peau d’orange

La peau d’orange, celle dont parlent en long en large et surtout en profondeur les publicités de cosmétiques, on n’en parlera pas, si vous le voulez bien. Passons directement à l’étonnant cas de la peau de clémentine. Une agrégée de philosophie a voulu me convaincre un jour que je ne devais pas éplucher mes clémentines sans respecter un certain protocole car sauvegardée d’une certaine façon, elle pouvait faire office de bougie odorante. Elle prit son briquet en vain, la petite fibre blanche refusa de s’embrasser telle la mèche d’une bombe et la démonstration tomba à l’eau. Bien que d’autres personnes m’affirment que cette idée de bougie odorante à base de peau de clémentine n’était pas une lubie, jamais je vis l’expérience réussie. En revanche, un scientifique me montra comment ces précieuses peaux que je jetais sans état d’âme étaient capables de nourrir un feu d’artifice. Un petit feu d’artifice, ne vous enflammez pas…

J’aurais pu vous parler aussi de la peau de la volaille sous laquelle glisser une farce mais non seulement ce n’est plus de saison mais en plus, ça me donne la chair de poule !