Lettre campagnarde

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Regard persan, non panoramique, mais un peu carnassier sur la société parisienne par une campagnarde reconvertie…

Le Saint (Bobo) Parisien

Rouge à son ami Malbrough, à Paris.

[Oui, cher honorable lecteur de Rouge Revolver, je me suis permise de vous nommer Malbrough… n’en déplaise à votre amour-propre, qu’en aucun cas je ne voulus châtier, et ce, que vous fussiez parisien ou non. Mais Usbek était déjà pris, Rica rimait trop avec Coca, et vous donner le nom fictif quelque peu niais de Kitty ne me séduisait pas du tout… Malbrough est un héros de guerre, cela vous convient donc parfaitement bien, ô lecteur qui ose franchir les portes virtuelles de Rouge Revolver.]

Cher Malbrough, vous qui êtes continuellement en campagne, je vous envoie le bonjour de la plus belle ville du monde : Paris. Voici bientôt deux ans que je séjourne dans ce centre du monde, et que je me loue de côtoyer ces êtres si particuliers, si récréatifs pour mon regard de campagnarde que sont… les parisiens.

Et pour vous délasser un peu de vos guerres incessantes, mon bon Malbrough, je m’en vais vous conter quelques unes de mes divertissantes observations du peuple de Paris, si, contrairement à tout bon parisien, vous acceptez de me donner quelques instants pour me lire. « Divertissement ?  Quelle horreur !» me répondrait un parisien pure souche (les parisiens sont aussi pascaliens), qui délaisserait net ce texte que je remets entre vos mains et votre jugement. J’ose espérer que vous, ô précieux Malbrough, serez plus clément à me lire. Rien de plus divertissant, en effet, et de plus plaisant, que de disserter sur le véritable parisien, et en un peu moins de deux années, j’avouerai que je suis intarissable : soit, j’accepte cette coupable passion. Ma fascination pour les us et coutumes de cette étrange tribu n’a en rien faibli.

INTRODUCTION : le parisien en extérieur

Il y aurait en effet beaucoup à dire sur les mœurs sociales et les habitudes parisiennes.

Saviez-vous qu’à Paris, l’on enfermait les jardins ?

Oui, de petites portes vertes et grillagées délimitent les espaces verts… A ma grande honte, je ne compris que fort tard la manière de procéder à l’aperture de ces portails, qui m’étaient alors inconnus.

C’est que les jardins sont ici forts précieux, et par beau temps, tout véritable parisien qui se respecte n’aura de cesse de venir s’y agglutiner (le parisien se révulse à l’idée de la foule, mais au fond, il aime à être là où tous sont… Cela fait partie de ses contradictions normales) pour y déjeuner et y passer son après-midi. Oh, n’attendez pas de lui de délicieux festins riches de plats délicatement élaborés avec l’amour de nos bonnes mamans : le parisien est une courge culinaire, et un fondement tel que la pâte à crêpe lui est inconnu. Pourquoi perdre son temps à cuisiner quand le Monoprix du coin (le parisien, et surtout la parisienne vouent une passion irrépressible à celui qu’ils nomment avec tendresse, et la bouche en cœur, de l’affectueux « monop’ ») vous facilite la chasse ?

Emportés par la foule ?

Emportés par la foule ?

Mais déjà je m’égare dans mes pensées (comme un parisien dans la rue, car un véritable parisien, sachez-le, ne connaît de Paris que le plan du métro, en se limitant à celui de son trajet « boulot dodo »). Il faut, en premier lieu, que je vous présente le véritable parisien. Puis, j’ébaucherai le portrait d’une fine et subtile strate particulièrement fascinante : les bourgeois bohèmes, que vous appelez aussi Bobos.

I. LE VÉRITABLE PARISIEN

Commençons par ces charmants et véritables parisiens, définis par leur localisation géographique : Paris intra-muros. Un véritable parisien se reconnaît à plusieurs détails, qui vous paraîtront certes insignifiants pris un à un, mais en font un type de personne singulier.

Paris, mon (dés)amour

D’abord, le véritable parisien n’aime pas Paris, la fumée nauséeuse de la pollution lui donne des allergies (tant et si bien qu’il est contraint de faire régulièrement des cures de nourriture bio pour survivre en ce monde transgénique), la vision d’un mégot au sol le débecte même lorsqu’il est fumeur et qu’il jette lui-même ses cigarettes dans la rue (quoique, depuis quelques temps, il soit passé à la sucette électronique, qui lui permet de rajeunir quelque peu sans utiliser l’habituelle crème anti-rides dont chaque jour il se pare… oui le parisien a ses phobies, et la peur de vieillir en est une). Les grands boulevards et les immeubles haussmanniens l’ennuient profondément.

« Trop droit » vous dira-t-il. Qu’il aille se ressourcer dans nos charmantes campagnes et leurs chemins tortueux ? Vous n’y pensez pas, cher Malbrough ! Sortir de ce Paris honnis, pour un véritable parisien, n’est pas concevable ! Même pour une soirée, se déplacer en petite couronne (nom qu’il aura du mal à prononcer, révolté par la bassesse de la « petitesse ») lui sera un voyage éreintant. La campagne, il l’appréciera quelques jours tout au plus, par goût de l’exotisme et de ce qu’il nomme les « vrais gens », en comparaison avec ses hypocrites congénères (tout aussi hypocrites que lui, en réalité).

C’est là l’un des principes de base de l’esprit du Parisien : l’esprit de contradiction. Il râlera donc continuellement sur la laideur parisienne (sujet de conversation essentiel) tout en y habitant, de la même manière qu’il abhorre la foule tout en se collant à elle.

un lieu haï des parisiens : vide, proche de Montmartre (les véritables vouent une haine incommensurable aux lieux touristiques)

un lieu haï des parisiens : vide, proche de Montmartre (les véritables vouent une haine incommensurable aux lieux touristiques)

Génético-parisianisme

Par ailleurs, il semblerait que le parisien soit doté d’un ADN tout à fait particulier. Le petit garçon parisien naît avec une chemise, et la petite fille avec de jolis collants blancs en laine, ou à la rigueur, des chaussettes à collerettes, en été (pour les filles nées au cours de cette saison). Sacrebleu, vous n’imaginez pas comme cela est charmant ! Ces attributs sont d’ailleurs plus ou moins conservés à l’âge adulte. Les jeunes femmes parisiennes sont toujours excessivement frileuses, et portent tout au long de l’année de hautes bottes, ainsi que des collants opaques, même en saison estivale… C’est ici une étrange mode, je le conçois, pour nous campagnards, habitués à la suppression des collants en été. Mais enfin, nous sommes à Paris : la parure, même nylon et risquant de filer à toute vitesse, est ici superficielle, et donc nécessaire.

Génétiquement, toujours, le parisien révèle par nature, à la face du monde, une morgue spleenétique et répétitive. Si vous étiez avec moi, et que chaque matin, vous les observiez comme je le fais, vous constateriez aisément que le véritable parisien n’est pas heureux. Il traîne à la face des vitres du métro un air taciturne d’ennui inconsolable, d’obscure mélancolie. Pour cela également qu’un véritable parisien est toujours malade… Une dépression, une jeunesse troublée ou des amours déçues, le véritable parisien a l’embarras du choix pour passer une bonne partie de son temps libre à méditer sur sa propre existence dans de beaux quartiers et cabinets à fauteuils rouges, auprès de psys tout aussi névrosés que lui.

Le cercle vertueux du divertissement parisien

Pour se divertir, et oublier cette sinistre condition humaine à laquelle l’attache son état de parisien, ce dernier pratique la course à pied ou essaime les bars, cafés ou boîtes de nuit. Notons que c’est là un cercle vicieux typiquement parisien : le véritable parisien prend du poids à arroser ses soirées de pintes de bière et autres délectables cocktails, et cherche à perdre les petites poignées qui décorent amoureusement son ventre en courant… Les coureurs parisiens (pléonasme : le véritable parisien ne marche pas, il ne vit pas, il court, en avant ou en arrière, après l’argent, la gloire ou les femmes, mais il court) sont par ailleurs aliénés à un instrument que je n’ai pas encore eu l’honneur de vous présenter : le téléphone portable. Le joggers le portent à leur épaule, grâce à un brassard comme ceux des bébés nageurs que vous connaissez.

Cher Malbrough, tout cela vous sera difficilement concevable, mais il faut avouer qu’un véritable parisien n’est rien sans nouvelle technologie : être sociable entre tous, la nécessité vitale de se connecter à Twitter, d’y partager son ennui ou de faire voir sur Facebook la photo souriante de ses nuits artificielles se fait sentir à tous moments de la journée. Mais je ne voudrais pas vous ennuyer : arrêtons-là ces prémisses pour un sujet autrement plus nuancé et plus fin. La description de la fine fleur de Paris : le bobo.

II. Le BOURGEOIS BOHÊME PARISIEN

Le bobo est ce que la noblesse fût aux temps qui précédèrent la Révolution Française : une classe aristocratique de notre siècle. Un parisien de haute volée (mais en plus clinquant, de strass et de toc), dirait cette bonne Madame de La Fayette, et qui n’aurait – presque – rien à envier à des héros tels que le Duc de Nemours ou la Princesse de Clèves, tant il se distingue du parisien primitif. D’ailleurs, il est notable que l’aristocratie, les « de », s’est parfaitement intégrée à ce milieu bobo, et qu’elle permet aussi le renouvellement génétique sans (trop de) consanguinité de cette classe qui est par définition extrêmement cloisonnée.

ADN bobotiquement modifiée

Le bobo porte toutes les métamorphoses génétiques du véritable parisien. Cependant, parisien parmi tous les parisiens, s’ajoute à son ADN une autre spécificité chromosomique : il est myope. Tout bon bobo a en effet le nez paré de lunettes voyantes, et généralement de grande taille. La taille des lunettes est capitale, et proportionnelle à la quantité de savoir et de culture du susdit bobo (ou d’autres attributs que la bienséance m’interdit de dévoiler ici). Cette particularité est aussi visible pour les hommes que pour les femmes. Plus les lunettes sont grandes, épaisses, plastifiées, plus le degré d’honorable, d’illustre et lumineuse intelligence fera face à votre basse médiocrité de voyant campagnard.

Bobûcheron

Actuellement, il est assez aisé de repérer un bobo : il revêt un attirail de bûcheron, sertit son torse imberbe d’une chemise à carreaux et surtout arbore fièrement une épaisse barbe broussailleuse, qui contraste fort avec sa coiffure parfaitement élaborée, sorte de coupe mi-longue gélifiée. Vous penserez, à la description que je vous fait, aux ermites de nos froides et ténébreuses montagnes, Malbrough. Mais je me dois de vous détromper ! Attifé de la sorte, le bobo ne cherche pas à se retirer du monde. Bien au contraire, il plaît, il plaît (généralement, mais parfois aussi au bobo de genre masculin) à la bobo de sexe féminin. Vous regretterez ici le manque d’exigence des bobos féminines de Paris… mais rassurez-vous, tout s’explique !

Les bobelles

Car les bobos féminines parisiennes ont un style qui leur est propre également. D’abord, elles sont parfaites et fines. Oui, car toutes les semaines elles s’en vont à la gymnastique dans le 16e arrondissement (la gymnastique étant un luxe bien supérieur à celui de la course, bien trop démocratisée). Leur finesse peut quelquefois aller jusqu’à la maigreur, hélas, et d’ailleurs leur principale alimentation est constituée de salade verte et de fruits (biologiques). Pas de rôti au doux fumet, pas d’indescence pâtissière : la bobo parisienne ne mange pas, elle picore. Cela ne l’empêchera pas de se vêtir d’habits hors de prix en tissu médiocre à la limite du déchirement, dont la caractéristique principale est de… pendre. Et plus l’habit pendra sur elles, plus elles seront fières de leur propre finesse.

Il s’avère ainsi bien difficile de distinguer une bobo véritablement riche d’une pauvresse du fait de la médiocrité des tissus, hormis par le biais de ses fréquentations sociales… Mais le tramage social resserré qui entoure les bobos et en font de véritables prisonniers d’un monde merveilleux parisiano-parisien les protège de l’amalgame (ainsi que leurs énôrmes sacs griffés, tout aussi parfaitement pendants). Les bobos ont en effet leurs noms (les Hippolyte et les Aliénor y pullulent), leurs lycées privés, leurs problèmes de drogues (la vie de bobo est tellement difficile) etc.

Cela n’aura pas échappé à ton regard critique, cher Malbrough, mais j’ai parlé jusqu’alors des bobos filles et garçons en les distinguant nettement. Et la question que l’intelligence fait affleurer à ta bouche est la suivante : où se font les rencontres entre mâles et femelles bobos ? Répondons : dans des lieux de perdition tels que les bars et boîtes mentionnées plus haut, avec sélection financière et vestimentaire dès l’entrée. Le bobo ne dédaigne certes pas nécessairement rencontrer des personnes de basse extraction, il se dit même très ouvert d’esprit, mais pour les choses « sérieuses » (ses sorties), il préfère côtoyer des gens de son milieu, avec lesquels il a les mêmes intérêts : l’argent, les femmes, le sexe, la mode, l’alcool et une petite pointe de culture parce que oui, entre bobos, on se comprend…

Les deux grandes sous-classes de bobos

Hélas, le portrait que je suis en train de te dresser est encore trop flou pour que tu puisses te donner une juste idée de ce qu’est réellement un bobo. L’on distinguera deux sous-catégories bien distinctes et parfaitement délimitées : le bobo cuvée nouvelle, âgé de moins de 30 ans, et le bobo dans la force de l’âge (car sache qu’un bobo n’est jamais vieillissant : pour lui, seuls les autres vieillissent, quand lui n’a pas changé… il est donc toujours « dans la force de l’âge »). Le point commun entre ces deux classes : jamais un bobo ne se vantera explicitement de son appartenance à la caste des bobos : cela l’exposerait bien trop à la critique et à la caricature, et un bobo, ma foi, n’est pas connu pour son courage face à l’adversité !

La différence entre les deux classes : leur sexualité. Le bobo version « jeune » aime à vivre, le plus tôt étant le mieux, une sexualité torride et débridée. Au passage, il effleurera quelques paradis artificiels de synthèse, afin d’affirmer par son attitude une rébellion à toute autorité, et de pavaner sa liberté conquise contre des parents qui connurent exactement les mêmes mécanismes d’évolution, mais comme tout bons bobos, rentrèrent dans les rangs une fois la trentaine dépassée. Le et la bobo jeunes, parfaitement égaux, papillonnent ainsi dans les mêmes rues, dans les mêmes boîtes, à la recherche d’un idéal qu’ils nommeront « âme sœur », mais qui n’est bien souvent qu’un rêve de mannequin bien formé par la nature. Perpétuels insatisfaits mais bien trop superficiels, au fond, pour s’attacher à quelque autre âme humaine qu’à la leur propre (le bobo est, quand bien même il le cache, un véritable narcissique, « qualité » qui fut cultivée chez lui dès son plus jeune âge), ils multiplient les errances, expériences et papillonnages, s’échangeant les conquêtes entre gens de bonne société. Quant à leurs peines de cœurs, ils sont bien souvent très mièvres (trop) pour souffrir silencieusement, et la superficialité de leurs sentiments se répand en larmes et en cris bien vite oubliés au bras d’une autre demoiselle ou d’un autre damoiseau. Le et la bobo ne trouveront la stabilité sentimentale (ô miracle!) qu’une fois atteint l’âge-crise de 30 ans, soit le passage à l’âge de la raison, la force de l’âge que je t’ai indiqué.

Certes, cela n’empêchera pas le et la bobo de prendre une maîtresse ou un amant à l’âge d’environ 40 ans, dans le but de se prouver qu’ils ont toujours conservé le potentiel érotique de leurs vingt ans. Néanmoins, à environ 30 ans, il est d’usage, socialement, de penser au mariage afin d’achever et d’accomplir sa vie sur tous les plans. Le bobo mâle choisira donc de préférence une fille noble, ce qui rajoutera le piment de l’ascension sociale à la conquête de son cœur (et le bobo aime entreprendre, c’est tout le charme de son côté Rastignac de pacotille…) En réalité, l’aristocrate est une proie facile, car a connu exactement la même existence superficielle que lui, et saura lui offrir un cœur tout aussi marqué par la superficialité que le sien.

Cela fera un fort beau mariage, et des couples bien assortis : le bobo assagi, son trophée féminin au sourire ultrabright en meringue, plus jeune que lui (pour être toujours parfaitement apte à procréer et à engendrer une nouvelle génération boboifiée), coupe de cheveux blond filasse et fadasse à la Claire Chazal, essaimant les vernissages à l’affût non pas de l’Art ou de la découverte culturelle, mais des dernières informations du bottin mondain, sur le fils d’untel ou la dernière mode des lunettes Marc Jacob…

Mais qu’en est-il aussi des études des bobos ? Bagatelle. Le bobo ne s’en inquiète jamais. Il sait, il s’en est persuadé, que même s’il rate son année de Droit, quand bien même il n’aurait que le QI d’une moule, cet échec n’est dû qu’à l’absence d’envie (temporelle) de travailler. Mais qu’il s’y mette et le monde verra son talent, sa prouesse et ses compétences inégalables. Oui, le bobo est né avec une assurance goulûment avalée à la petite cuillère en argent, qui lui permet de rater sa vie avec une telle classe qu’il réussira toujours à la réussir. Assuré d’être cultivé, sûr de lui, il ne faillira jamais à étaler son savoir et sa science au sein de sa caste, quand bien même cela frôle l’idiotie pour tout être doté, comme nous, les rustres campagnards, d’une petite pointe de regard critique, mon cher Malbrough.

Conclusion mise en tropique ?

Mais la profusion d’observations et de critiques que je vous donne à voir vous fera peut-être présumer une certaine misanthropie ? Dieu m’en garde. Considère, Malbrough, qu’il y a dans mes écrits une douce raillerie qui aime en même temps qu’elle châtie, bien contraire à la haine du genre humain de Célimène, mais néanmoins carnassière. Il semblerait même que parmi toutes les tares, tous les vices de ces bonhommes de parisiens, classe à laquelle jamais je ne saurais appartenir complètement vue mon humble condition de campagnarde, j’en pris quelques uns. Oui, je les aime, ces parisiens, et même ces bobos exaspérants souvent très comiques dans la mécanique sociale qu’ils répètent à l’infini, de génération en génération, sous des formes singulières ! Je vous laisse donc, cher Malbrough, batailler jusqu’à Pâques ou à la Trinité. Pour moi, je reste à Paris, parmi mes semblables, hypocrites, mais savoureux parisiens… Ah, j’oubliais… Une dernière chose : il paraîtrait que les deux-tiers des parisiens sont des campagnards. Peut-être un jour y gagnerai-je ma place (sans me départir pour autant de ma chevelure courte et rousse pour me Clairechazaliser… il est encore temps, je n’ai pas 30 ans !)?

Je t’embrasse (c’est ainsi que l’on dit, ici, même lorsqu’on ne le pense pas vraiment, car tout le monde s’embrasse à Paris)

Rouge

A Paris, on est tous sur le même bateau.

A Paris, on est tous sur le même bateau.