Oscar, ce « bâtard » ?

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par Rouge

Ci-gisent les icônes d’Hollywood refusées de Monsieur l’Os à milles Car(ats).
Et les noms minés sont... Quand les oscars donnent des envies de meurtres aux refusés...

Et les noms minés sont… Quand les oscars donnent des envies de meurtres aux refusés…

Oscar, ce « bâtard »? Personne n’osa jamais prononcer ces mots blasphématoires, et qualifier l’Oscar de bâtardise n’est certes pas très délicat. Néanmoins, ils sont sans doute plus nombreux à l’avoir pensé, à avoir rêvé de piétiner cette petite statuette dorée, et à lui attribuer les pires noms d’oiseaux. Petit tour d’horizon venimeusement macabre des refusés de ce prix, et exutoire pour tous ces monstres sacrés du cinéma qui ne pourront jamais ranger la statuette dans leurs pierres tombales…

Alfred Hitchcock’orico !

Au rang des morts-vivants gravés dans le marbre de l’éternité cinématographique mais jamais primés aux Oscars, la palme revient à Alfred Hitchcock. Nul doute que l’esprit noir (doublé de l’humour) et subtil d’Alfred Hitchcock s’inspira de la petite statuette pour donner libre cours à sa catharsis et exprimer dans le sang et le meurtre l’injustice à laquelle l’a habituée la petite figurine dorée… Ses films, trop grand-public (excellent communicant avant l’heure), trop sous-genre, sanglants, ne convainquirent jamais les membres de l’Academy. De quoi, en effet, devenir « oscarnassié » pour le célèbre réalisateur, nominé à 5 reprises (Rebecca en 1940, Lifeboat en 1944, La maison du Dr Edwardes en 1945, Fenêtre sur cour en 1954 et Psychose en 1960). Et pourtant, qui ne se souvient pas avec frisson de la sublime scène de la douche de Psychose, où la musique, le mouvement de la caméra… tout dans la réalisation sous-tend à la suggestion du meurtre, dans sa perfection (oui « suggérer, voilà le rêve », avait affirmé en son temps un certain Mallarmé… qui sans doute aurait apprécié la noirceur hitchcockienne). Tout de même, en 1968, on s’est dit qu’il fallait bien lui offrir une petite récompense pour la forme, honorifique, tout juste digne d’un « thank you » de circonstance, sans grande ferveur. A un journaliste qui lui demandait son ressenti face à cette persécution de l’os doré, il répondra « pourquoi voudrais-je d’un autre arrêt de porte ? »

 

James Dean’admissible inoscarisé !

Au rang des acteurs, il y a James Dean aussi, ce rebel écorché vif à la carrière fulgurante… Comment ne pas lui attribuer un oscar sans confession ? Impossible de penser que cet électron libre du cinéma américain, à qui, tout de même, on fit l’honneur d’être le premier nominé mort-vivant (East of Eden, Géant) ne foula jamais le red velvet avec une jolie breloque entre les mains. Comment ne pas tomber sous le charme dévastateur qui crève l’écran ? Cet homme qui incarne, dans La Fureur de vivre le mal-être de la jeunesse américaine, et la rébellion, la quête d’une identité forcenée… A s’en pâmer… (en toute objectivité, bien sûr)

Haro Greta Garbo !

Et dire que Greta Garbo aussi en a réchappé, du petit chevalier doré ! Indigne… Et pourtant, Garbo dans cette scène magistrale d’Anna Karenine, à ses débuts, ça n’est plus qu’un regard, deux yeux qui révèlent le désespoir sans mots, deux yeux qui transpercent la caméra, et donnent à cette scène toute sa tension tragique ! Et en matière de charmes, elle n’a rien à envier à James Dean, et fit d’ailleurs tourner les têtes : celles de la MGM par ses nombreux caprices, ainsi que (plus accessoirement) celle de John Gilbert, acteur de cinéma muet, qui resta sans voix lorsqu’elle le délaissa devant l’autel… D’ailleurs, son tempérament quelque peu capricieux lui valut peut-être la perte des trophées car l’on chuchote que la MGM, pour se venger d’elle, interdit qu’on lui décernât le noble prix, même si elle fut malgré tout nominée (Le roman de Marguerite Gautier en 1938, Anna Christie et Romance en 1930) … Certes, en 1954, on lui fit, comme à Hitchcock, la bonne grâce de lui offrir un oscar honorifique pour ses performances inoubliables. Mais La Divine avait son caractère (et sa fierté) : absente de la cérémonie, elle refusa tout bonnement la petite statuette et tint sa porte close lorsqu’on voulut la lui apporter. Ah, quelle femme !

Kirk Doug l’As sans oscar

C’est qu’on l’oublie, le papa de Michael… et pourtant, cet acteur, producteur est une des légendes vivantes (pour le moment, même si les rumeurs vont bon train sur Twitter) d’Hollywood, jamais primé aux Oscars. Multi-facettes, il s’est adonné à de nombreux genres, du péplum (belle bataille dans Spartacus) au film de guerre (Les Sentiers de la Gloire, en 1957) ou encore au Western. Souvent nominé, jamais primé…

Poupidou dur à avaler pour Marilyn Monroe

Bon, certes, Marilyn ne fit pas l’unanimité pour ses dons d’actrice, notamment pas par Hitchcock, qui lui reproche d’avoir le sexe affiché sur la figure… Mais tout de même, c’est Marilyn quoi ! Certains l’aiment chaud, et hélas il semblerait bien que l’Oscar soit un peu frigide pour ne pas avoir rougi…

La liste est encore longue, et Peter O’Toole (l’immortel Lawrence d’Arabie) ainsi que Montgomery Clift s’y ajouteraient… Et devant tant de talents non-primés, avec en sous-main, assurément, des trafics d’argent et d’influence, bref, du lobbying toujours d’actualité, une seule question subsiste : à quand l’Oscarnaval ?


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