Pim’s au Bac S comme Survie

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par Rouge

God save the Pim’s et le thé à la pêche, les deux essentiels de survie de mon bac.
Vive les pim'SSSS !

Vive les pim’SSSS !

Introduction : l’histoire du Pim’s qui passe son bac…

2005. La plus belle salle du lycée (celle des réceptions et des expositions, et qui avait pris le nom d’un prix Nobel de Physique-Chimie), avec un haut plafond, parce que même si on est à la campagne, il faut bien faire « genre ». Et moi. Mon moi de 2005, avec des chaussettes rouges pour porter bonheur (je n’avais pas encore les cheveux, il fallait bien compenser), mes pim’s et ma bouteille.

Le professeur d’Histoire, voyant ma flasque orangée de 50 cL, m’interpelle.

« Mais qu’est-ce-que c’est ? De la potion magique ? Du schnaps ? »

Ah, je l’aimais bien, ce prof d’Histoire, avec sa voix d’ours, tonitruante, ses anecdotes (De Gaulle et le « quarteron de généraux à la retraite », la technique soviétique du salami, et l’ « Urss » à deux étapes du tour de France). Une force de la nature, qui ébranlait les tables du lycée lorsqu’il s’y installait, de manière certes peu catholique, mais il avait coutume de négliger les chaises, et debout, je crois qu’il craignait de paraître trop grand, trop imposant pour nous prodiguer son savoir. Avec une trousse « l’école nuit gravement à la santé » que je regardais avec envie… Intimidée, comme toujours face à ce gouffre de savoir, je ne pus répondre que la triste vérité, sans relief, avec la retenue qui sied (et je regrette cet excès de bienséance quelquefois… j’aurais aimé lui dire… mais lui dire quoi?) :

« Non, c’est du thé à la pêche froid (oui, je sais, ça s’appelle du thé glacé) »

J’esquissai un sourire, m’excusant du néant de ma réponse, heureuse pourtant de la question et de l’attention qu’il m’avait portée l’espace d’un instant. J’aurais pu (et dû) lui indiquer, à la vue de la couleur ombragée du breuvage, que c’était du rhum ambré et que comme le tour de France, le bac ne se gagnait pas avec de l’eau. Occasion ratée… Et à 18 ans, jamais je n’aurais osé. Occasion ratée, mais bac réussi, malgré les reproches et la souffrance de la période de révision (même en m’organisant, je n’ai jamais réussi qu’à réviser intensément et à la dernière minute avec l’avidité de dévorer tout le savoir d’une traite pour le vomir par la suite, et sans aucun égard pour les coefficients – j’ai beaucoup révisé l’Histoire-Géo, j’aurais dû au contraire m’intéresser aux Maths, à la Physique-Chimie et à l’SVT de ce malaimé professeur passionné de Géologie, chose que je n’ai jamais comprise – , mais finalement, cela ne m’a pas si mal réussi d’apprendre tout ce qui ne servait à rien… )

Soit, pour réussir mon bac, je misais donc sur des pim’s et du thé. Les pim’s framboises sont ainsi restés pour moi les madeleines de Proust de mon bac, et voici pourquoi je vous propose (le thé à la pèche froid est trop simple de réalisation) de réaliser ces biscuits maison, goût fraise cette fois, car les framboises à Paris sont une denrée bien trop rare et onéreuse…

Une recette en trois partie, comme toute dissertation qui se respecte (oui, ok, c’est franco-français, le plan thèse, antithèse, synthèse, mais n’empêche, j’aime cette rigueur intellectuelle même si j’ai conscience d’avoir bien souvent toujours du mal à l’atteindre, ayant l’esprit plus baroque que classique… et je n’en suis, hélas, pas fière)

I. La confiture de fraises rapido presto

– 1kg de fraises

– 500 g de sucre à confiture spécial fraises

– 2 feuilles de gélatine (à faire reposer quelques minutes dans un bol d’eau pour qu’elle ramollisse, puis à rincer)

La confiture, c’est un concept simple : des fruits et du sucre avec de la pectine pour que ça durcisse. Première étape, lavage et équeutage des fraises, puis elles passent à la casserole, vous ajoutez le sucre, ça mitonne à feu doux, et padam, quand ça bouillotte, c’est prêt et on peu la mettre dans de jolis pots. Et pour les gourmets qui n’aiment pas, mais alors pas du tout la texture mollassonne des fraises cuites, un passage au mixer vous permettra de profiter du vrai goût du fruit dans la texture qui convient. Bref, c’est « fastoche » et même pas besoin d’avoir une mention pour réussir !

Pour les besoins de notre recette, vous n’aurez pas besoin de toute la confiture (soit environ un mois de dégustation matinale sur tartines), mais uniquement de 250g. Faites chauffer la confiture (sinon, la gélatine fera des morceaux et ce sera terriblement mauvais) et ajoutez la gélatine rincée et préalablement dans l’eau.

II. Génoise

Voici la recette que j’ai testée :

– 3 oeufs

– 75g de sucre

– 50g de Maïzena

– 25g de farine

– 1/2 sachet de levure

Pas la peine de vous faire un dessin, si vous avez à peu près obtenu votre bac en cuisine (personnellement, je vous l’accorderais par le biais de l’épreuve du lavage de vaisselle), vous devriez y arriver : mélangez tous les ingrédients, en prenant néanmoins bien soin de casser les oeufs et de ne pas laisser de parcelles de coquilles. Élémentaire. Puis enfournez 5 min environ (oui, c’est une génoise, ça cuit très vite).

Un bémol pour cette recette : je supprimerais la levure, qui n’apporte rien et fait des trous dans la pâte… M’enfin, c’est peut-être aussi mon four…

III. Chocolat

Une fois le gâteau cuit et refroidi, rajoutez la confiture gélifiée sur le dessus puis le chocolat. J’ai choisi de ne pas rajouter de beurre ni de crème au chocolat car je voulais qu’il reste un peu croquant (oui, ce côté croquant de la fine couche de chocolat des pim’s version originale, j’avoue que je n’y résiste pas)

Ingrédients :

– 100g de chocolat

– un bac d’eau dans lequel on posera un autre bac qui contient le chocolat, qui va fondre dans l’eau sans y toucher

Cuisson au bain marie, au micro-onde ou dans une casserole, et étalage sur la couche de fraises.

Conclusion : Rattrapage ?

Oui, cette recette me déplaît un peu, et ne convient guère à mon goût pour la perfection, perfection pâtissière certes, mais essentielle. Plusieurs améliorations devraient y être apportées :

– ne pas posséder le même four que Rouge, four qui n’est bon qu’à embrocher des merguez, et à soutenir sans broncher les insultes de sa détentrice, mais qui, peu utilisé, petit, vivra encore quelques temps malgré la difficile collocation avec sa maîtresse. (sans doute, il n’y a pas d’Amour heureux)

– supprimer la levure dans la génoise qui ne rajoute rien.
– utiliser la force surpuissante du réfrigérateur pour que la couche de confiture durcisse bien avant de poser la dernière couche de chocolat.
– prendre son temps, agir avec méthode et sans rêvasser, car la cuisine est aussi une Science. (Bref, ne faites pas comme Rouge)…

 

 


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