Récré : t’as quoi comme goûter ?

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par Rouge

Je vous parle d’un temps que les dévoreurs d’oréo ne peuvent pas connaître : génération Minikeums, casquette à l’envers etc.
La nouvelle minikeums génération

La nouvelle minikeums génération !

Du temps où l’on mettait la casquette à l’envers parce que franchement c’était la classe. Du temps où l’on était fier de sucer des sucettes qui piquent, ou qui ont la forme d’un neznez. Celui où l’on créait des chorégraphies sur des chansons idiotes de boysbands bien biscottés avec des paroles d’un niais à tomber (cf la discographie des 2be3). Et même que parfois les boysbands n’étaient pas si bien chocolatés en carreaux, mais ils réussissaient à nous refourguer leur cam’ version « le feu ça brûle, et l’eau ça mouille… » Et oui, il fut un temps où j’aimais ça (je ne me suis toujours pas remise de cette révélation psycho-traumatisante). Du temps où avoir les mêmes chaussures compensées que les Spice Girls, franchement, c’était terriblement génial, même si esthétiquement, sur une fille de 12 ans, l’effet était un peu différent… Ce temps où l’on achetait des CD 2 titres au supermarché pour 37 francs 50 et où une boum sans les parents était une transgression de la loi, ultime rébellion. Du temps où une pelle, pour moi, n’était qu’un outil de jardinage pas très intéressant à faire rouler.

Je vous parle du temps où l’on se chuchotait – grand débat de la cour de récré – que les enfants naissent en embrassant un garçon sur la bouche, même si quelqu’un avait déjà évoqué la possibilité de la petite graine mais que c’était tellement dégueu que personne n’y avait cru.

Du temps où déjà les revendications féministes étaient à l’œuvre dans une comptine que toutes les filles s’échangeaient : « Mamie Nova-a-a, la mousse au chocolat, la crème à la vanille, c’est naturè-è-lle, que les filles soient plus belles, et les garçons plus moches ».

Du temps où l’on mangeait de délicieux goûters trop gras, trop sucrés et trop bons dont la jeune génération actuelle sera hélas définitivement privée, parce qu’elle, on lui dira que c’est très mal d’en manger (notre rôle de parents, pour les nourrir avec des produits sains… pas comme nous! Parce qu’on veut ce qu’il y a de mieux pour nos enfant… et qu’un goûter mille calories, ça déchire sa race, mais ce n’est pas très bon pour les artères de notre progéniture… et puis, nous, on est génération Tchernobyl, condamnée d’avance, mais eux ?)

D’un temps où la question qui était sur toutes les lèvres à partir de 9h30, c’était  » t’as apporté quoi comme goûter ? Mmm, trop bon (sous entendu : tu veux pas m’en filer un morceau) » et où on regardait ça à 9h, le samedi, à la télé : « Minikeums… OHOH !! »

 

YES : oh oui !

Yes oh Yes, je suis yesterminée ;-)

Yes oh Yes, je suis yesterminée ;-)

Je suis partie en quête désespérée de Yes… Carrefour, Monoprix n’exposent plus ce genre de denrée, trop rare hélas. Mais fichtre, pas possible qu’ils aient définitivement disparus, ces dinosaures du goûter calorisaure. Le concept : une sorte de biscuit mou avec au milieu une mousse au goût chocolaté (goût chocolaté, en réalité ça sent le beurre et le sucre, mais on s’en fiche, c’est trop bon !). Le tout bien enrobé d’un chocolat qui fond très vite en été et d’un emballage qui défie les lois du tri, avec un papier cartonné pour bien soutenir le biscuit plus le bel emballage plastifié blanc et doré, avec cet effet de reflet que l’on apprécie sur la présentation du produit. Ce qu’il y a de bien avec ce genre de goûter de la récré, c’est que l’on peut les déshabiller, les croquer couche après couche, pour les manger avec art et délice. Le jeu : ne pas laisser de miettes du savoureux chocolat tomber à terre. Ce qu’il y a de plus contraignant : l’été, c’est idéalement le produit qui fond à la rapidité de la lumière… Mais dieu que c’est bon !

Le BN, mon partenaire de cœur

Non mais regardez moi ce Sex symbol : sourire à fossettes, regard mutin... Je croque !

Non mais regardez moi ce Sex symbol : sourire à fossettes, regard mutin… Je croque !

Une lutte sans merci au cœur de la cour de récré ? Oui, c’est celle des BN et des petits Prince. Et je proclame vainqueur, le BN. Le prince… pfff pourquoi on nous conditionnerait depuis notre plus jeune âge à ce prince charmant (quand les princesses peuvent quelquefois être si charmantes, n’est-ce pas Revolver ?) ! C’est injuste. Comment, en effet, résister à sa belle bouille souriante, à ce petit regard mutin et malin et à la tentation si cruelle de le détacher, avec l’objectif final de lécher le chocolat avec toute la grâce des dents de lait ! Surtout ne pas embarquer les yeux et le sourire avec la partie supérieure ! Ici encore, c’est tout un art. Quelques années plus tard naquirent les mini BN (la mode du petit et mignon), et je dus bien me rendre à l’évidence : le goût est absolument identique. Néanmoins, l’excès de facilité de déshabillage tue les 3/4 du plaisir qu’il y a à détacher les tranchettes du biscuit, même s’ils conservent en partie leur charme ravageur, et cet éclat dans le regard qui ne dit qu’une chose « mange-moi! », et je succombe toujours à la tentation, merci Oscar Wilde !

Prosper et les pailles d’or, mi amor !

Croquez du fruit !

Croquez du fruit !

Argh… Avec les pailles d’or, l’on s’éloigne du goûter tout chocolat qui me fut associé dès le plus jeune âge (une vie de Mademoiselle Chocolat avant de devenir Rouge que je ne peux renier, et qui me poursuit… la tentation du chocolat étant incurable… mais ne pas céder à ce doux plaisir est inhumain, j’accepte donc mon – lourd – fardeau !) Le croquant du fruit craquant dans la bouche est cependant une expérience que j’appréciais également, et ce goût de confiture n’était pas désagréable… Goûter d’été par excellence, qui a le mérite de ne pas fondre, même si ça colle un peu. Miam tout de même. Dans le même registre, presque raisonnable, le pain d’épice Prosper, avec cet ourson si charmant en oripeau (même si le rajout de beurre n’est pas très light non plus)… Vive la publicité :

Et il y aurait tant de choses à écrire sur les Napolitains tout mous et leurs sachets en alu qui font ce doux bruit carillonnant lorsqu’on les jette à la poubelle, ces Savanes marbrés que l’on juge bien meilleurs que les marbrés fait maison de maman parce qu’ils ont ce goût faux industriel reconnaissable entre mille, un goût de gras et de faux chocolat… ces mini-dinosaures en sachet, au chocolat brun qui fond toujours trop vite sur les mains, avec des jeux et des énigmes sur le sachet, ces Pépitos avec une pâte de chocolat fondante à l’intérieur, alliée à un sablé croquant, avec en guest le personnage Hay Pépito si charmant…

Mais je m’arrête là : j’ai faim, et pas encore d’enfant pour lui acheter toutes ces horreurs caloriques… Si seulement j’avais le temps de faire mes courses ! En attendant, retour au temps de la légèreté et de la superficialité :