Le thé à l’heure japonaise

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Par Revolver

Cérémonie SLIDER

Plus qu’une boisson, un art

Rouge Revolver vous invite pour le thé au pays du Soleil levant. Là-bas, on ne boit pas le thé. On apprend à vivre la cérémonie du thé, appelée chanoyu. Aucune prétention de notre part dans ce court article si ce n’est d’évoquer quelques-uns des aspects de ce rituel qui mêle art de préparer une boisson, de recevoir des hôtes, de créer un environnement harmonieux et bien plus encore.

Un art fruit d’un long apprentissage

Quelqu’un qui souhaite être initié à l’art de la cérémonie du thé doit être patient car l’apprentissage peut durer des années. Il s’agit non seulement d’apprendre à préparer et à servir le thé mais aussi de savoir apprécier les arts, préparer des compositions florales ou encore d’acquérir la grâce et l’attention nécessaires pour recevoir des invités. C’est un apprentissage très subtil et complet.

Il existe des centaines d’écoles qui prônent des variantes diverses de la cérémonie du thé à travers le Japon. Les élèves se rendent chaque semaine chez leur professeur pendant deux heures. A tour de rôle, les élèves endossent le rôle de celui qui reçoit. Cette transmission ne se fait pas par des manuels, c’est le corps qui l’intègre, grâce aux mouvements qu’il fait siens au fil des années. Le but de cet apprentissage n’est pas l’obtention d’un diplôme. Apprendre constitue une fin en soi.

Un protocole avant tout

Le Maître du thé procède selon un ordre bien déterminé à la préparation de la pièce, la maison de thé, destinée à recevoir les hôtes. A l’aide de linges de soie, il nettoie le service à thé. Il fait chauffer l’eau puis la verse sur un thé vert en poudre dans des bols. Dans chaque bol, à l’aide d’un petit fouet en bambou, il produit une mixture plus ou moins épaisse selon la nature des thés. Il présente à chaque invité un bol contenant la même quantité de thé et il exécute cette offrande avec respect et humilité. L’invité boit le thé avec la même humilité et le même respect à son tour avant de restituer le bol ainsi qu’on le lui a offert.

(Photo de mimozagraphiclab)

(Photo de mimozagraphiclab)

Bien loin du monde et des mondanités

Les invités et l’hôte lui-même ne se livrent pas à des conversations aléatoires et triviales. Les sujets de conversation tournent par exemple autour des ustensiles que l’hôte a utilisés pour confectionner le thé, des artisans qui les ont fabriqués. Le but de la cérémonie revêt un caractère à la fois esthétique – c’est un moment de beauté – physique puisque l’on déguste des thés verts raffinés et spirituel car il s’agit de vivre pleinement le moment présent. L’hôte et les convives portent leur attention sur tous les détails qui constituent le moment unique qu’ils partagent : l’embrasement du charbon de bois qui permet de faire chauffer l’eau par exemple. Héritage du bouddhisme zen, la cérémonie du thé invite les participants à s’extirper des diversions extérieures pour s’impliquer corps et âme – expression purement occidentale ! – dans le moment.

Parce que la culture nippone inspire, voici aussi les étrangers cet haïku d’une Française, Chantal Peresan-Roudil.

Premier thé de l’an.
Dans l’antique bouilloire
l’eau au goût de fleur

 chanoyu


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