Qui a volé l’orange du fondant ?

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par Rouge

On ne sait toujours pas qui l’a volée… Peut-être l’oiseau bleu ?
Et n'allez pas me dire qu'il n'est pas craquant, pour un fondant !

Et n’allez pas me dire qu’il n’est pas craquant, pour un fondant !

C’est pas moi, c’est pas vrai, j’ai pas volé l’orange… Pourquoi ? Pour le simple fait que je n’aime pas les oranges. Soyons précis, je n’aime pas le côté filandreux de cette peau qu’elles ont entre les quartiers, ni leur trop forte acidité qui bien des fois me fit faire la grimace. Par conséquent, de nature exigeante (l’un de mes pires défaut), c’est suffisant pour que je délaisse cet agrume néanmoins haute source de vitamine C et qui donc serait vital pour mon précieux organisme.

Néanmoins, spécialement pour vous, et en faisant preuve d’art de la métamorphose pâtissière (le secret pour que j’accepte de déguster ces oranges est à la fin de la recette), voici ma recette de fondant à l’orange, en trois temps.

I. Au commencement était le fond

Ingrédients :

  • 100 g de beurre fondu

  • 110 g de sucre

  • 2 oranges non traitées

  • 125 g de farine

  • 1 cuillère à café de levure chimique

On touche en effet le fond de la simplicité avec ce début, puisqu’il suffit de mélanger tous ces ingrédients dans l’ordre sus-mentionné pour obtenir la mauvaise pâte de notre fondant voleur d’orange. Ensuite, on enfourne environ une demi-heure thermostat 7 (210°) selon votre four, et puis on utilise la technique du trempé de couteau traditionnelle (oui celle qui consiste à vérifier la cuisson de votre chef-d’oeuvre en le lacérant de coups de couteau : si le couteau ressort lisse de toute trace sanguinolente de gâteau, vous êtes bon !)

II. Le fondant imbibé : un voleur qui ne laisse jamais de traces

Ingrédients :

  • le jus d’une orange non-traitée

  • 70 g de sucre glace

Après ce commencement aisé, où vous avez tout de même réussi victorieusement à écouler 2 oranges (ô gloire), continuez sur votre lancée. Dans une casserole, mélangez le sucre glace et le jus d’une orange, et chauffez (vous pouvez vous permettre le feu vif, ça ira plus vite). Mélangez au fouet pour que le sucre se dissolve bien dans le jus d’orange, et patientez jusqu’à bouillissement du liquide. Puis, retirez du feu. C’est là que l’on se rend compte, malheur pour lui, que le fondant lui-même est un voleur : grâce au pinceau que vous utiliserez (l’arme du vol), le fondant, préalablement cuit et déposé sur une plaque, va s’imbiber de tout le sirop que vous avez eu la générosité d’élaborer ! Nous le tenons, notre voleur !

III. Imbiber le dégustateur : la technique ultime

Ingrédients:

  • une orange

  • un peu de sucre

  • deux lichettes de Grand Marnier (de préférence, mais pour ma part, je ne suis en possession que d’un seul alcool multi-usages : le rhum ambré)

La décoration de mon dessert, cette petite montagne d’oranges, n’est pas une vaine frivolité pour attirer le regard. Non, elle résulte d’un problème auquel je dus faire face. De fait, j’ai investi dans le pack bio 4 oranges non traitées, et il m’en restait encore une. Or, la déguster même en enlevant les filaments me dégoûtait. Je résolus, non pas de me la faire voler, ni de bassement la jeter, mais d’élaborer l’apothéose de mon fondant.

Je coupai cette dernière orange en tranches assez fine, parsemai un côté de sucre. Puis, je posai le côté sucré des oranges dans une poêle à feu vif. Je rajoutai une lichette de rhum et attendis le grésillement de la fusion du sucre en caramel se produisît. Puis, je sucrai la deuxième face des oranges et les retournai. Re-lichette de rhum et re-grésillement. Enfin, je déposai délicatement mes morceaux d’orange sur le fondant préalablement imbibé.

Voilà donc ce qui explique pourquoi une personne normalement constituée, n’aimant pas les oranges en général, accepte d’y goûter sous la forme d’un fondant, délicatement caramélisé et arhumatisé… J’ai toutefois l’impression de m’être faite berner par moi-même. Ô rage ! Non, je n’aime toujours pas les oranges, mais ce fondant à l’orange ne l’a pas volé, mon avis positif et ma plaisante dégustation d’esthète pâtissière !